La création d’une micro-entreprise se fait en ligne, gratuitement, et prend une vingtaine de minutes une fois qu’on a les bonnes informations sous la main. Ce qui coûte du temps, c’est de découvrir les étapes une par une. Les voici dans l’ordre, avec ce que chacune coûte réellement.
1. La déclaration de début d’activité — gratuit
Tout passe par le guichet unique des formalités des entreprises, géré par l’INPI. Le dépôt de la déclaration est gratuit pour une activité commerciale ou de services. Préparez une pièce d’identité, une adresse d’exercice et une description précise de ce que vous allez vendre.
La description compte plus qu’on ne le croit : c’est elle qui déterminera votre classement, et donc votre code d’activité. Écrivez ce que vous faites concrètement, pas une formule vague.
2. Le code APE — attribué, pas choisi
Après l’immatriculation, l’INSEE vous attribue un code APE à partir de votre déclaration. Ce code est statistique : il ne définit pas ce que vous avez le droit de faire, mais il sert de référence à beaucoup d’interlocuteurs — assureurs, banques, organismes de formation.
Un code manifestement faux se fait corriger sur demande auprès de l’INSEE. Vérifiez-le dès réception de votre avis de situation plutôt que de le découvrir un an plus tard.
3. Le compte bancaire dédié — obligatoire au-delà d’un seuil
Un compte séparé devient obligatoire lorsque votre chiffre d’affaires dépasse 10 000 € par an deux années de suite. En dessous, ce n’est pas exigé — mais c’est vivement conseillé dès le premier euro, simplement pour ne pas mélanger vos dépenses personnelles et professionnelles au moment de déclarer.
Un compte courant ordinaire à votre nom suffit dans un premier temps : la loi impose un compte dédié, pas un compte professionnel facturé plus cher.
4. L’assurance — selon l’activité
La responsabilité civile professionnelle n’est pas obligatoire partout, mais elle l’est pour certaines activités réglementées, et elle est de fait indispensable dès que vous intervenez chez un client ou que vous manipulez ses biens. Comptez 100 à 250 € l’année pour une petite activité.
Renseignez-vous avant de démarrer : c’est le genre de dépense qu’on repousse et qui devient très chère le jour où elle sert.
5. Les cotisations sociales — un pourcentage du chiffre d’affaires
En micro-entreprise, vous déclarez votre chiffre d’affaires encaissé chaque mois ou chaque trimestre à l’URSSAF, et les cotisations se calculent dessus. Les taux applicables en 2026 :
- Vente de marchandises : 12,3 %
- Prestations de services commerciales ou artisanales : 21,2 %
- Autres prestations de services : 25,6 %
Trois points à retenir. La déclaration est obligatoire même à zéro. Les cotisations portent sur ce que vous encaissez, pas sur ce qu’il vous reste. Et si vous exercez deux activités de nature différente, chaque taux s’applique à la part de chiffre d’affaires correspondante.
6. Les plafonds à surveiller
Pour rester en micro-entreprise, votre chiffre d’affaires annuel ne doit pas dépasser 203 100 € pour la vente de marchandises et 83 600 € pour les prestations de services. En activité mixte, le total ne doit pas dépasser 203 100 €, dont 83 600 € au maximum sur la partie services.
Ce sont des ordres de grandeur qui évoluent régulièrement : vérifiez-les sur le site officiel avant de fonder une décision dessus.
7. La facturation et les mentions obligatoires
Chaque facture doit porter votre nom, votre adresse, votre numéro SIREN, la date, un numéro de facture suivi, le détail de la prestation et le montant. Si vous n’êtes pas assujetti à la TVA, la mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI » est obligatoire.
Préparez votre modèle de facture avant la première vente, pas après. C’est cinq minutes de travail au calme au lieu d’un moment de panique devant un client qui attend.
L’ordre qui fait gagner du temps
Beaucoup commencent par le logo et le site. L’ordre efficace est l’inverse : déclaration, compte dédié, assurance, modèle de facture — puis la communication. Les quatre premières étapes conditionnent votre droit d’encaisser proprement ; les suivantes ne servent à rien tant que ce socle n’est pas posé.
Une précaution
Les montants et les taux cités ici sont ceux en vigueur au moment où nous écrivons, et ils changent. Cet article vous donne l’ordre des étapes et les ordres de grandeur ; pour votre situation précise, vérifiez auprès de l’URSSAF, du guichet unique ou d’un expert-comptable. MONNAWA n’est ni un cabinet comptable ni un conseil juridique.
Voir les 40 activités — chacune avec ses formalités propres et son budget de départ détaillé.
